baniere docsanscible.fr

Accueil > Sociétale > Économique > La justice de l’opprimé

La justice de l’opprimé

Son droit à la défense

samedi 26 décembre 2015, par jules

Les Yankees ont un jour émis un avis de recherche :

Ils recherchaient le mécréant qui avait inventé l’arme qui à ce jour a sans doute fait le plus de victimes à la surface de la planète - disaient-ils en guise d’excuse

Pas de chance pour eux l’individu est malencontreusement mourru avant qu’ils n’aient pu y mettre le grappin dessus. Et pour comble de cynisme ce sordide personnage avait préalablement pris soin de dissimuler le brevet de son invention... dans le domaine public ! La branche "fusils d’assaut" de leurs innocents et discrets mais mortifères business d’armes de guerres d’une technologie pourtant supérieure - disent-ils toujours mais juste un peu plus en apparté - allait souffrir encore longtemps de l’existence de l’Avtomat Kalachnikova 1947 abrégée AK-47 plus couramment appellée La "Kalachnikov", l’arme de guerre la plus répandue dans le monde.

L’affaire

Avertissement : Cet article à but informatif et d’opinion ne vise nullement à faire la promotion d’une dangereuse arme de guerre ou d’une autre, ni éloge de violence que ce type d’engin est capable de générer. Il se contente, au travers de constatations, d’évoquer un processus moderne d’évolution collective, mais il reste une mise en garde incisive et sérieuse quand à plusieurs pratiques individualistes outrancières à but égoïstes, ainsi qu’un appel à travaux collectifs par l’entremise de types de licences permettant de faire dérailler ces processus individuels assassins.

En 1947 débute en Union Soviétique la fabrication en séries du fusil mitrailleur dessiné et mis au point par Mikhaïl Kalachnikov et qui hérite plus ou moins involontairement de son nom : l’ "Avtomat Kalachnikova 1947", l’ "AK-47" devenue la "Kalachnikov".

La Kalachnikov est avant tout un fusil d’assaut ; une arme de guerre, inspirée des performantes armes qu’employaient les allemands dans leurs offensives contre les russes pendant la dernière guerre mondiale.
C’est par l’engouement de Joseph Staline dirigeant de l’union soviétique de l’époque pour cette arme que débute sa production de masse ainsi que sa dotation dans l’armée soviétique.
Désireux de maintenir le bloc à l’est fort face au capitaliste mondial montant il la souhaite, pour des histoires de compatibilité de pièces détachées entre les diverses troupes de diverses provenances susceptibles de combattre ensemble le même ennemi sur le même terrain, en dotation au sein de tout le bloc soviétique. Mais pour cause de spécificités régionales - reliefs, cultures, climats... - il renoncera à imposer d’autorité une arme unique, préférera un principe adaptif et souple : une libre circulation des façons de fabrications, connaissance, découvertes et idées dans une propriété totalement commune et qui aujourd’hui porte un nom : l’Open-source.

L’Open-source ?

Code-source ouvert et libre. Appartenance collective. Recette disponible pour tout un chacun. Intégralité des contenus accessible à tout un chacun, toutes les données expliquées le plus clairement et le plus simplement possible et disponible à la copie, la modification et donc les améliorations à quiconque le désire pour en fabriquer un ou plusieurs exemplaires, même à but commercial.
Cette décentralisation complète, de par les multiples copies qui en sont faites, rend le produit résolument insaisissable, inaltérable, évolutif, compétitif, et le répands comme une trainé de poudre.
N’importe qui peut donc récupérer cette recette, la modifier, l’adapter, la perfectionner avec prière de partager ces adaptations et modifications, et c’est cela même qui lui donne sa force car il est un produit commun riche de la diversité de chacun.
C’est cela l’Open-source.

Évidement dans un monde de brevets et d’ultra-protégés voici un principe qui de nos jours surprends ! Mais le calcul n’est sans doute pas si dénué de sens que cela. En effet : puisque l’invention appartiendra toujours à tout le monde, personne ne sera en mesure de se l’approprier. De plus, chaque amélioration est rapidement testée en plusieurs endroits et, si elle fait l’unanimité, est rapidement ajoutée et le produit progresse encore.
Ajouter à cela que seul les idéologies et non l’appât du gain étant susceptibles de motiver les projets open-sources, tout les ingrédients pour cultiver l’excellence humaine sont alors réunis.

Que se passe-t-il alors ?

Il n’est, bien entendu, même si cela n’est pas interdit par la licence de base et même plutôt directement encouragé, pas réellement facile de fabriquer une arme pourtant simple et bien connu dans son petit atelier perso - même avec une imprimante 3D - mais elle se met alors à bénéficier de moyens collectifs en provenance d’un peu partout, à être fabriquée, adaptée déclinée, perfectionnée, et à se répandre de manière autonome et de façon ouverte, c’est à dire sans que personne ne soit capable d’en contrôler cette diffusion.

Et ensuite ?

Les différents états occidentaux ont bien entendu réagis à cette propagation d’un genre nouveau en matière d’armes où le secret est plutôt la règle dans le domaine. Ils ont alors poursuivi leurs études, développé, fabriqué leurs propres armes sur leurs propres bases d’expérience afin de rapidement dépasser techniquement cette arme qui se répandait partout de façon insolente, en tentant bien entendu de les commercialiser. Alors ils y sont bien parvenus à les dépasser, mais comment parvenir à écouler une arme à peine plus performante face à une autre à peine moins développée, en permanence disponible partout car fabriquée aux quatre coins du monde avec des recettes connues par des états pauvres et à bas coût, et capable de rivaliser en presque tous points ou au moins d’imposer le respect de la même façon ? Le développement technique des armes de ce type s’arrêtait là partout dans le monde. Désormais la propriété commune était sur les traces des marchants de la mort, chaque innovation technique finirait fatalement par fuir sur un champ de bataille ou un autre, et profiterais rapidement à cette arme commune.

Ainsi, sur chaque terrain de conflit à travers le monde ou sont impliqués des pays occidentaux (c’est à dire quasiment tous !), alors on trouve d’un coté des Kalachnikov, et de l’autre des occidentaux qui tentent de fournir leurs armes perfectionnées techniquement supérieures dans un face à face quasiment joué d’avance tant ces armes sont largement disponibles au chaland local parce qu’abondantes, bon marché, facilement dépannable puisque connue et qui, crachant aussi bien des pruneaux, provoquent des dégâts et forcent au respect, sont capables de dégringoler des drones, stopper des convois, lancer des projectiles explosifs à bonne distance, tirer de nuit, ou juste plus simplement : faire respecter des groupes et des populations en incarnant une vraie menace, être synonymes de tracas et de tourments à tout assaillant ou groupe d’assaillants éventuels, suivre quoi qu’il arrive les leurs de près.

l’Open-source

Ainsi va donc l’Open-source. Bien collectif insaisissable, il ne sait être à la hauteur de son pendant privé dont il s’inspire bien souvent mais rivalise avec lui sur ses traces et l’empêche de commettre hold-up et monopoles.
L’open-source ce sont des outils communautaires gratuits et puissants. souvent qualifiés avec mépris comme étant "du pauvre", mais qui présentent l’avantage de bénéficier du soutien d’une communauté auprès de laquelle il est facile de trouver assistance et conseils.
C’est l’Open-source qu’ont irrémédiablement sur les talons les grands projets innovants agressifs qui devraient pourtant servir de substantiels bénéfices à leurs concepteurs. Mais va savoir pourquoi l’Open-source trouve les moyens de faire la même chose par d’autres biais et leur faire de l’ombre chaque fois que l’humain est lésé par une avancé technologique.
L’Open source représente donc souvent ainsi une source d"égalité.

Bref

À la fin on dira qu’il est de mauvaise engeance de parler d’armes capables d’ôter la vie et d’aider à commettre des exactions sachant qu’une vie perdue représente dans tous les cas de figure des vies brisées, mais il est sans doute indispensable de se dire aussi qu’une balance avec du poids d’un seul coté n’est pas équilibrée. Que face à la furie individuelle le collectif seul est capable de rivaliser.

Et la Kalachnikov ?

Dans tous les cas de figures, même au mains de minorités opprimées, la Kalachnikov reste une arme de guerre meurtrière. Mais que Mikhaïl Kalachnikov qui demanda pardon avant de passer l’arme à gauche sans jeu de mot repose en paix : malgré tous les crimes que sont capable de commettre les fous furieux, il est à parier que sans la popularisation d’une arme devenue facile mais qui est globalement plus utilisée à la défense qu’à l’attaque, les marchands de morts privés prospéreraient certainement bien plus, le monde serait sans doute beaucoup moins démocratique, et en tous cas beaucoup plus sanglant.


Voir en ligne : L’Open souce Wikipédia

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.