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De Vulva Publica.

Interprétation personnelle d’une provocation internationale

vendredi 5 février 2016, par Etienne

De vulva incognita et de cunno publico.

Vous avez vu la vulve de votre mère ? Le pénis de votre père ?,
vous en venez quoiqu’il en soit. Par chance si vous n’êtes pas nés par césarienne, la flore vaginale de votre maman et sa flore intestinale, pour dire poliment anal, fécale, vous ont protéger et vous protègent encore, selon les dires scientifiques autorisés les plus récents qui s’intéressent à l’immunité.
Vous avez vu votre bite ? La foufoune de votre femme ? vos enfants ne sont-ils pas beaux ?
Et la mienne, vous l’avez vu ? Vous voulez savoir comment je l’appelle ? Ma femme, vous la connaissez ? Vous voulez que je vous dise un truc ?
Des films vous en avez vu ? Avec des vulves et des "la mienne, elle est pas belle" ?! D’autres avec des foufounes, complètement folles et des giclettes la p’tite Huguette, et tout, tout j’vous dis, oui, vous avez vu ça !
Vous faites la différence, entre votre conception, votre naissance, votre vie et les sexes en général, les féminins, les masculins quand la différence est visible évidement. Vous attribuez une grande importance à ce que les bites soient respectées, les chattes pareil ! Pourtant comme moi, vous n’êtes pas sexologues, ni pornstars, je suppose. On peut se tutoyer alors... Entre nous, t’as jamais dessiner une pinne, ou une belle chatte ? Pour rigoler sur un bout de papier, sur un mur pour faire le fanfaron ?
Alors je peux conter ma petite histoire, j’étais bien tranquille, quand un ami m’envoie un fichier photo en message privé, c’était une espèce de sculpture en bas-relief, avec plein de sexe féminins différents, dans des carrés, collés les uns aux autres en haut, en bas... Après je vois que ça a été moulé sur des vraies femmes, dans des ateliers de moulage donc ! Mon ami avait pas l’air de savoir quoi en penser, mais j’voyais bien que ça le turlupinait, comme une poule qui voit son premier œuf. alors ni une ni deux je lui livre mes impressions personnelles, et voilà, ça donne ça :

Quoi de plus anti-pornographique, de plus "anti-charria", anti-tabou que cela ? Pendant mes études, j’ai remarqué en anatomie, rue des St Pères à Paris, que les vulves n’ intéressaient pas tant les médecins en herbe, sauf monstruosité ou mort en couches avec un morceau du mort-né, pour saisir "la scène médicale", par exemple. Mais les phallus, ça j’en ai vu, des vitrines remplies sur des linéaires, impressionnants, du plus grand et fin au plus petit et épais, les tordus les droits comme un i... La réalité corporel, anatomique, ben oui, c’est la vie ! C’est notre matière, notre incarnation toute nue. Le plus beau, c’est les injections de résine dans les poumons, on dirait des coraux, des arbres, c’est très fort ! Tu peux bien sur utiliser mon commentaire, pour illustrer ton propos dans docsanscible :)

Qui a assisté une femme, dans son intimité corporelle pour une raison ou une autre, l’urgence de l’hygiène dans une situation qui oblige à dépasser la pudeur naturelle, embaumer une proche décédée, au pire, toute situation peu courante où le sexe de la femme est visible dans sa grande banalité de sexe, car hors contexte de toute sexualité, saura comprendre que ces faibles reliefs sculpturaux de la chair humaine ne sont pas là pour exercer un charme propice à la démographie, d’autant qu’aucune expressivité vaguement suggestive ne vient me contredire. Quelque déséquilibré trouverait jouissance à ce spectacle ? Pas plus qu’au spectacle d’une crêpe sucre moulée au plâtre ! Et combien même ? Et puis l’exposition publique de centaines d’organes, n’est propice à aucun germe d’intimité fusse t-elle dérangeante. Alors sérieusement questionnons nous sur ces pseudo parties honteuses, froides sans vie, qu’ont-elles à voir avec autre chose que notre condition d’humain nécessairement encastrée dans la chair et les os, voués l’une et les autres à la biodégradation, après tant de vie, tant de joie et de peine aussi ! Il est juste de se souvenir de la banalité de ce que nous allons offrir à la terre ou aux flammes du crématorium quand il n’y aura plus de souffle dans ce corps qui possédait un phallus, une vulve ou je ne sais quoi, parmi tant d’autre choses plus spectaculaires ! Se souvenir de sa nécessité biologique Ok, en faire une montagne, en chier une pendule... Pardon, non faut pas déconner ! Ceci n’est pas une pipe, cela n’est pas plus un sexe ! Iconoclaste ? Sacrilège ? Qu’est ce qui affole dans cette œuvre ? La peur de la mort. Qu’est ce qui apaise dans cette œuvre ? Notre corps assumé, la banalité de la diversité de notre aspect, dans un ensemble qui nous concerne bien plus, notre humanité avec ses variations infimes et importantes en même temps pour notre intimité, son identité, sa cohésion morphologique.

L’image ci-dessus, objet de mon observation : un des tableaux composant "The Great Wall of Vagina" de Jamie McCartney, dont il dit ceci :

" for many women their genital appearance in a source of anxiety and I was in a unique position to do something about that "

Bien sur, sa démarche veut sortir le sexe féminin des griffes de la pornographie et des folies de la chirurgie esthétique. "Chirurgie"... le malaise évoqué, la volonté de conformer son corps à des critères normatifs, porte sa part de gravité, mais on aurait aussi pu dans une démarche franchement féministe et plus universelle, traiter des nombreuses et multiples mutilations génitales abominables que l’on fait subir aux petites filles et aux femmes, encore aujourd’hui, de part le monde. Car les dérives occidentales, font partie d’un tout qui englobe l’ensemble des mauvais traitements subis par les femmes.Je ne trouve pas cela perceptible dans cette œuvre "géolocalisée". 5 ans et 400 moulages, pratiqués sur des femmes de 18 à 76 ans, plus tard, l’exhibition, l’exposition en Français ! Féministe je ne peux rester insensible. La forme artistique me semble bien conçue, le propos intéressant. Cependant les produits dérivés, mugs et autres gadgets, me dérange. Je ne peux que me poser cette question :
- MaCartney avait-il besoin de 400 moulages de sexes féminins exposés aux regards pour qu’on le voit lui !? Alors au bout du compte, prise de conscience salutaire de la condition féminine ou coup médiatique pour l’auteur, avec sa cohorte de réactions absurdes attendues et finalement publicitaires ?


Voir en ligne : Британский скульптор Джейми Маккартни обогащает современное искусство очередным шедевром

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