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Le Fascisme agrave la bisounoursie pour prospérer

mercredi 11 novembre 2015, par jules

Ah que ce monde est beau ! Doux, généreux, emprunt et épris de liberté, frais et chaud à la fois, céleste et amical, amoureux même, qui nous prodigue tant et tant de sa douceur de vivre, lui notre mère, notre frère, notre oncle d’Amérique...

Nous pourrions vivre là et profiter de la paix à juste le contempler et s’extasier, en harmonie et en symbiose avec nos voisins et semblables, sourire voire rire, boire tout ce bonheur, nous susurrer des mots doux en nous aspergeant de pétales de roses dans un doux nuage étincelant...

Cette paix que nous désirons nous l’avons décrétée et l’imposons chaque instant car elle est nécessaire à l’épanouissement de la vie, naitre, grandir, apprendre et évoluer, progresser et faire progresser, partager, vieillir et partir en paix. Seulement l’espèce humaine est ainsi faites que l’herbe est toujours plus verte chez le voisin, voir que l’on soient trop nombreux sur cette planète... Le danger pour la paix est donc complètement sous-jacent et menacé chaque instant. Cette paix imposée sans cesse remise en cause doit être continuellement surveillée et défendue sous peine de la voir se désagréger face à la fureur des guerriers...

Des règles de paix sociale ont donc été édictée au niveau des états et qui les font respecter : toute violence (privée) est réprimée, ainsi que tout écrit ou discours ouvertement fasciste, raciste, xénophobe, ou discriminant d’une quelconque manière. Dans ces conditions que reste-t-il aux groupes qui souhaiteraient propager la violence pour pouvoir espérer prospérer ? La réponse devient alors simple : minimiser et banaliser leurs idées pour pouvoir les diluer dans les nôtres.

Et c’est ce qu’il s’activent à faire. Alors bien entendu les cranes les plus rasés restent en retrait, mais des fanges susceptibles de faire glisser un peu tout cela en douceur opèrent discrètement un peu partout afin de provoquer des ouvertures vers leurs idées maquillées au sein des mouvements et les récupérer.
Ainsi de-ci de-là est-il possible avec un œil un peu exercé d’en repérer. Et justement en voici un. Observons-le : comment procède-t-il ?

  • il repère un mouvement. Le plus bisounours possible sera le plus facile
  • il repère les personnes actives autour et dans ce mouvement
  • il approche et va au contact (mot clef)
  • il fraternise
  • il profite des ouvertures, d’esprit d’abord, mais d’une manière générale de toute ouverture laissée libre voir béante par naïveté ou paresse
  • il s’insinue, visite, examine, regarde et fouille partout
  • il repère les pistes thématiques plus ou moins en usage qu’il connait et sais manipuler car déjà viralisées et compatibles avec les idéos qu’il est en charge de véhiculer
  • Il emprunte ces traces déjà en place, les souligne, les marque et les accentue
  • il repère les confrères et concurrents déjà en place - car oui le fascisme est une grosse merde globale, mais il possède ses branches et sous branches pas forcement en bons termes les unes avec les autres - avec lesquelles il communique, s’entend, délimite, mais surtout : pactise
  • il crée des liens, s’inscrit dans les dialogues concertés à buts constructifs et progressistes qu’il tente alors de pervertir en douceur d’abord en usant des 18 moisissures argumentatives
  • il crée et ménage des places pour les copains, les appelle et les introduit
  • ils passent alors à la vitesse supérieurs en viralisant plus directement
  • ils défendent bec et ongles chaque position âprement viralisée, et parfois celles de confrères, en déviant tout dialogue dissonants ou contradictoire, toujours à l’aide des 18 moisissures
  • ils prennent soin de discréditer minutieusement les "éléments" opposants les plus virulents à leur conquête s’il n’est pas possible de les canaliser et récupérer
  • ils imposent et progressent de la sorte. Et finalement :
  • récupèrent le mouvement, et suivant :
  • le manipulent et l’utilisent ou le détruisent. Exemple : Les indignés

Tout ceci n’est bien entendu possible que parce qu’il existe une volonté de s’intéresser à un thème donné pour l’infiltrer, mais il est, même si cela est prévisible, difficile de savoir cela d’avance, mais aussi parce qu’il existe des failles dans nos mouvements, dont la première est l’excès de gentillesse naïve qui pousse à accorder crédit à une personne dont nous ne sommes pas sûr des intentions.

Du coup nous en arrivons au paradoxe que l’excès de gentillesse naïve ou "bisounoursie" est un réel problème de sécurité lorsque nous nous organisons autour de thèmes parfois complètement pacifistes, dès lors qu’ils constituent un obstacle pour des mouvements aux intentions belliqueuses pour qui ils sont des cible à effacer ou à récupérer.

Défendre la paix n’est pas une mince affaire faces aux outils de la désinformation, de la manipulation. Défendre la paix face à un fascisme qui avance masqué et est prêt à toutes les fourberies réclame de notre part ruse et méfiance.

Moralité : la bisounousie est une maladie grave qu’il nous faut endiguer pour l’empêcher de se répandre car elle compromet la sécurité de nos mouvement et la paix sociale

Image : prims

Vos commentaires

  • Le 11 novembre 2015 à 20:48, par Sylvie En réponse à : Le Fascisme agrave la bisounoursie pour prospérer

    Reçun 5 sur 5

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  • Le 8 décembre 2016 à 17:02, par Bob Gray En réponse à : Le Fascisme agrave la bisounoursie pour prospérer

    En effet, le renversement des injustices peut impliquer de faire preuve d’une certaine dureté, ce qui fait évidemment beaucoup défaut sur le terrain où se réunissent souvent les victimes d’une dureté infligée par "l’ennemi de classe" ( veuillez remplacer ses termes par les vôtres propres si vous n’êtes ni marxistes ni anarchistes et que ce champs lexical qui a fini par devenir le mien vous gêne ) :
    « La non-violence absolue fonde négativement la servitude et ses violences ; la violence systématique détruit positivement la communauté vivante et l’être que nous en recevons. Pour être fécondes, ces deux notions doivent trouver leurs limites. » ( Albert Camus )
    ...Citation qui résume de façon incroyablement bien formulée, je trouve, le paradoxe que tu évoques.

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  • Le 8 décembre 2016 à 17:03, par Bob Gray En réponse à : Le Fascisme agrave la bisounoursie pour prospérer

    Je l’ai trouvée, entre autres, sur cet article ( orienté "socialisme libertaire", ne suivez pas le lien si ça vous chagrine ! ) ici :
    http://www.socialisme-libertaire.fr/2015/10/a-propos-de-violence-et-de-non-violence.html
    Et, même si c’est pas du Camus, l’auteur ( Ramon Pino, que je ne connais pas par ailleurs ) formule assez bien là aussi ce besoin qu’il nous faut sans doute envisager de ne pas vivre dans la peur de devenir l’ennemi sous prétexte qu’on utiliserait des armes parfois semblables pour lui résister :
    "le pouvoir, quand il est acculé et menacé de disparaître, n’hésite pas à employer les moyens les plus extrêmes pour garantir sa survie. Si nous voulons en finir avec ce système capitaliste, nous devons envisager les méthodes de l’ennemi de classe, non pour les copier, mais afin de pouvoir les contrer, sans exclure aucune stratégie qu’elle soit violente ou non-violente."

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