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"La Terre est bleue comme une Orange"

jeudi 8 mars 2018, par jules

Vous souhaitez un produit réseau basique et immuable, sans adaptabilité ni option, peu importe la stabilité ou même la fiabilité que vous seriez en droit d’attendre de l’expérience d’un réseau historique communautaire et expérimenté mais privatisé, aux dépannages longs et problématiques, aux débits aléatoire(ment distribués. Ou pas !) changeants et maillés de coupures ? C’est l’Agrume qu’il vous faut !

Avec l’Agrume vous allez pouvoir profiter de la télévision full HD à en péter les cotes de la box ! Et de sa célèbre boite mail à votre nom que vous devrez utiliser afin de recevoir ses factures, dont l’accès par le Web est orné de publicités, derrière lesquelles sont embusqués des partenaires-tiers à l’affût de votre navigateur, pour y placer leurs cookies qui permettront de suivre vos déplacements ailleurs sur le Web ; mais que vous ne pourrez pas bloquer sous peine d’éprouver des difficultés à accéder à vos courriers ensuite.
Vous pourrez donc facilement naviguer sur les sites plus ou moins traqués par ces mêmes partenaires ; voire plus loin... mais n’en demandez pas trop !

L’histoire de l’Agrume

L’Agrume c’est un peu notre histoire communautaire.
Comme pour le gaz, l’électricité ou encore le transport sur rail en pleine expansion dans lesquels s’engouffraient les opportunistes, et devant le joyeux bordel technologique en train de se dessiner, il était décidé de regrouper les choses par familles sous des instances nationale, intégrant cette nouvelle technique de communication plus rapide entre les personnes qu’était le télégramme en code morse par fil ininterrompu à cet acquis Royal déjà nationalisé qu’étaient les postes, en une nouvelle entité : les "P&T", Postes et Télégraphes ; les envois en petits formats, et les télégrammes. C’est que ce nouveau moyen de communication tellement plus rapide qu’était le langage morse apportait une vraie révolution de vitesse aux communications :) Mais comme il fallait tout de même un incontournable facteur c̶h̶e̶v̶a̶l̶ final pour délivrer le télégramme en main propre la fusion s’est alors opérée assez naturellement.
L’apparition du téléphone n’a nullement modifié ce regroupement communautaire puisque cette encore nouvelle technologie utilisait le réseau déjà existant des télégraphes, les cuivres sur poteaux de bois enduits de goudron et des câbles sous-marin.
"V’voyez pas qu’j’suis en train d’faire mes totaux ? :-P "

L’arrivée du téléphone parlé n’apporta donc finalement en guise de révolution qu’une simple lettre de plus - un "T" - au sigle national officiel déjà existant qui mutait alors en "PTT" : Postes Télégraphes Télécommunications. Ah non j’oubliais : elle faisait par la même disparaître l’esperluette "&" entre le "P" et le "T" devenue inutile.

Le Fax ne changeât pas vraiment la donne ; pas plus que le Minitel, ces nouvelles technologies basée sur des protocoles de communication "htty" eux-même issus des ancestraux codes Morse.

Fin du XXe siècle le monopole des PTT est abolis afin d’ouvrir la possibilité de déployer des réseaux alternatif privés. La poste et le téléphone sont séparés.

Le téléphone devient "France Télécom"

...et s’approprie l’esperluette qui l’avait un temps unis à la poste : il ne faudrait tout de même pas qu’à l’aube d’une époque commerciale soit laissé échapper le parfum de l’authentique ? :) Pourtant d’authentique ne restera vraiment que le parfum, trompeur, puisque le service public est de fait mis en pièce.

l’Agrume : les prémices

C’est le portable qui porte le coup de grâce au monopole. Les portables sont aériens : plus besoins des cuivres. Le "fil qui chante" peut compter ses jours.
Pour en arriver là grosse négociation a eu lieu avec les Radiotélécoms : les fréquences radios ne sont pas ouvertes, réservées et réglementées : l’armée, les avions, la Police et la Gendarmerie, la météo, les communications entre administrations, les radioamateurs, les canaux diplomatiques, les télévisions, les satellites, les pompiers et les ambulances... Des bandes de fréquences radio finissent toutefois par être attribuées aux téléphones portables. Vous écoutez la radio parfois ? Les radioamateurs (et la police) ne font que cela :)

France Télécom devient Itinéris

Parce que de toute évidence le devenir du téléphone apparaît portable,
Itineris, qui est la division téléphone portable de France Télécom, accrochée à lui à la va-vite, prends petit à petit ses activités par le truchement de son capital ouvert aux investisseurs privés. Qui du coup mettent la main sur l’ensemble des communications nationales. Bien sûr seuls les plus grosses liaisons terrestres les intéressent. Les campagnes, au bout de leur pov’fil qui persiste à vouloir chanter dans le vent, peuvent crever !
Ces cuivres, une richesse pourtant, sont considérés comme un boulet par des financiers qui ont autre chose à faire que du social. Ils n’auront et n’ont toujours d’ailleurs, de cesse de vouloir s’en débarrasser

Itineris devient l’Agrume

Début des années 2000 les affaires vont bon train : la téléphonie sans fil est en plein boum, Internet émerge, les marchés sont ouverts, tout cela se passe exactement comme s’il était pareil que cela soit tout comme !
Itineris gavé d’argent privé et capable de s’appuyer sur des subventions (celles qui leur permettent de maintenir les cuivres ?) lorgne sur une compagnie qui fait le même travail que lui depuis plus longtemps dans un autre pays européen. Cette compagnie est d’accord pour se laisser acheter, toutefois le prix qu’elle entend obtenir de sa vente est supérieur à la valeur même de acquéreur. Au delà du fait que cela fasse un peu désordre, juridiquement Itineris ne peut pas opérer cette acquisition. Qu’importe, un montage autant douteux que bancal est déniché de derrière les fagots : on va faire comme si c’était l’inverse qui s’opérait, l’acheté qui devient l’acheteur sur le papier. Itineris est donc contraint de changer de nom pour celui de l’Agrume avant d’en prendre le contrôle, et ça passera comme ça. Non mais !

Difficile d’avoir des chiffres mais ça parle alors d’un coût de... 32 milliards d’Euros. Années 2000 à peine. Même décennie plus tard ça reste encore un sacré chiffre !
C’est un coût d’amortissement important, un trou dans une trésorerie privé que l’état ne songe pas un seul seul instant à boucher (ce qui est normal), sauf que les cuivres - ses cuivres ; nos cuivres ! Ceux à la la charge de l’Agrume et dont l’Agrume ne veut pas/plus ! - se dénaturent...

L’Agrume tente alors de faire face en continuant d’investir, mais dans un marché hyper-concurrentiel il collectionne un peu les déconvenues.

L’Agrume poursuit son expansion par l’exemple

Nous sommes en 2006. L’Agrume se met soudain à regarder du coté de la téléphonie mobile autrichienne. Le déploiement y est plus avancé qu’en France pour ne pas dire quasiment achevé car il a été et reste soutenu. Qu’importe : ayant flairé les "soutiens" l’Agrume pense pouvoir jouer à "pousses-toi de là que je m’y mette, et entame une stratégie commerciales agressive : lourde et massive, campagne promotionnelle, tarifs ridiculement bas dans un pays où la téléphonie mobile n’est à la base déjà vraiment pas cher... malgré les avertissements l’Agrume fonce tête baissée.
Moins de six mois plus tard l’opération est brusquement interrompue..
L’Agrume s’en va la queue entre les jambes. Une fois de plus l’Agrume s’est planté !

Commence alors la période de végétation. l’Agrume ramasse ses petits sous puisque la bulle spéculative des nouvelles technologie s’est dégonflée et que les montagnes de fric escomptées se sont envolées.
Avec sa situation financière délicate l’Agrume gratte partout où il peut récupérer le moindre fric en pire crevard mais sans trop faire de vague ; et tant pis pour les dommages collatéraux quelque soient l’age, les moyens, l’état d’enclavement des abonnés devenus clients qui pourtant payent les conneries de l’Agrume devenu un gouffre à fric !

Et aujourd’hui ?

Ne dérangez pas l’Agrume qui dort !
Le gouffre à fric de service ne vous fournira rien, n’innovera pas et même, freinera tant que faire se peut les initiatives de développement. Il est important pour l’Agrume que l’environnement général change le moins possible le temps que l’Agrume éponge, faute de quoi il y a risque de capotage...
Comme dit précédemment l’Agrume aimerait se défaire des petits cuivres de bout de ligne qui lui sont comme un boulet, tout mettre en aérien. Malheureusement, comme son contrat d’exploitation lui les laisse à sa charge il cherche à les massacrer.

Une HotLine qui fait acte de présence

Problème de départ : à l’heure des téléphones portables devenus de véritables terminaux numériques autonomes sous Android ou autre, quoi de plus légitime que de vouloir disposer de ses documents en ligne plutôt que sur l’appareil lui-même, sans être obligés de vouloir les placer sur des serveurs inconnus, et de réaliser soi-même son propre Cloud personnel chez soi sur une petite machine serveur accessible depuis le réseau ? Et bien pour l’Agrume qui aimerait fournir du Cloud gratuit, c’est à dire en se payant sur votre donnée qu’elle commercialise, c’est à peine admissible, et franchement tout juste possible ! De par des débits aléatoire parfois fort faibles d’abord, de par des adresses IP dynamiques auquel il est quasi impossible d’échapper ensuite, et enfin parce que le NAT de la box-routeur de l’Agrume est limité en configuration. Citation : "Ah vous voulez changer le port ssh qui est le port 22 pour en prendre un autre ? Mais c’est de la configuration avaanncééééeee ça Monsieur !"
Tous les pirates du monde savent que l’accès direct administrateur ssh à une machine est le port 22 ! Il est donc préférable et même conseillé ainsi que (normalement) assez facile d’en changer. Et bien pas pour l’Agrume qui reste cependant prêt à vous remballer pour des histoires de sécurité !!

Bref : l’Agrume nous prends pour des cons, et mets tout en œuvre pour nous rendre cons puisqu’elle n’a besoin que de cons qui payent sans chercher à comprendre.

Mais je suis mauvaise langue, car si sur le même appel vous demandez des renseignements pour changer de forfait mobile alors dans ce cas il vous sera déroulé le tapis rouge !

Le service de l’Agrume c’est : service minimum, en attendant des jours meilleurs. Par ailleurs si vous pouviez juste lui apporter votre argent sans rien demander en retour ça l’arrangerait.

Soudain lueur d’espoir

L’Agrume vient d’apercevoir un créneau où il y a de l’argent à prendre : la banque en ligne !
Tablant sans doute sur l’image positive de l’opérateur historique dont il est finalement tout juste l’ombre, l’Agrume vise probablement la frange "Michus de plus de cinquante ans" et donc l’épargne des vieux pour se refaire ?
Dans la niche déjà bien occupée de la banque en ligne l’Agrume crée "Agrume Bank". Souhaitons-lui bonne chance.

Après tout, vendre de la connexion réseau, de la banque ou des frittes : quelle différence ?

Et pour les cuivrés ?

Se mouchant allègrement dans la neutralité du net en favorisant les gros demandeurs à des tarifs plus avantageux pour lui, l’Agrume commercialise à présent ainsi la bande passante au plus offrant. Cela se matérialise par des problèmes d’accès à certain sites qui ne veulent pas payer la bande qui leur amène les visiteurs à certaines heures (Clic-clic YouTube ? :) ) mais aussi et surtout : des coupures dans les connexions, parfois plusieurs fois par jours, suivies d’un changement de débit. C’est dans sa filiale à bas coût "Shoss" que le système a été inauguré, mais il a rapidement été étendu. L’Agrume est donc à présent une filiale entièrement à bas coût.
Comme l’offre semble fonctionner au plus près de la demande ces coupures et ces changements de débits sont aléatoire pour le client final. Si cela n’est pas forcement très perceptible en Web, cela est plus problématique pour les connexions sécurisées ssh entre machines à travers le réseau qui n’aiment pas trop cela et nécessitent souvent reconnexion . Et lorsque ce sont les mots de passe qui sont coupés plusieurs fois de suite alors le système de sécurité fail2ban de la machine-cible bloque l’IP de la machine cliente. je vous laisse imaginer la joie de l’administrateur en cours d’intervention sur ses machines généralement serveurs !!
Je vous épargne en outre les drastiques réduction de débit dès minuit (allez vous coucher !) et qui peinent à remonter avant 10 heures du matin.
Une fois de plus ce sont les petit développeurs qui sont pénalisés, mais on ne va pas se formaliser pour si peu puisque cela est en parfaite adéquation avec la politique anti-innovation menée par l’Agrume. Un clou en plus en quelques sortes...

Débit mesuré un certain jour une certaine heure début mars 2018 dans une campagne. Fait dans les règles de l’art. Le retour du 56K ?

À ce genre de débits vouloir atteindre certaines pages Web : de suite au clic ça ping, pas de problème...
puis ça mouline...
ça mouline...
ça mouline...
Au bout d’un moment on a quand même envie d’aller arroser un peu le poto pour voir si ça peut permettre d’obtenir les contenus :)

Mais n’allez surtout pas vous imaginer que l’Agrume se tire une balle dans le pied, point trop n’en faut ! Si pénaliser le client final, la raison même d’être de l’Internet, devait être dommageable à l’Internet ça se saurait voyons !!

L’Agrume, héritier privé des télécoms d’antan, ayant perdu notre fric, n’escompter techniquement rien est la meilleure façon de ne pas être déçu.

Vous voulez aider l’Agrume ?

Rien de plus simple ! Continuez de regarder la télévision via la box de l’Agrume :)
Par contre je me suis laissé dire que les chaînes du groupe du Maçon parisien n’y étaient plus forcement bien diffusées. Mais ça va être ennuyeux si vous êtes obligées de passer par la box du Maçon parisien ? :-/

Merci Paul Éluard

La terre est bleue comme une orange :)

Si les télécommunications vous intéressent le site de la cité des télécoms.

Parmi les différents moyens de communications existants un étonnant système de transmission par tube pneumatiques permettait d’envoyer des documents d’un point à un autre des villes. À Paris on s’envoyait des "pneus" :)

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