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Les gens

mardi 6 novembre 2018, par jules

Les gens nom commun singulier de genre neutre. 1. Masse molle et informe destinée à emplir les auditoires et autres espaces de diffusion. 2. Déresponsabilisateur pratique dans les conversations : "les gens font...", "les gens y...", "les gens n’ont qu’à...", etc. 3. Ensemble de personnes plus ou moins environnantes d’un orateur donné obsédé par le fait qu’elles ne lui ressemblent pas encore.
[Encycl.] Pâle excuse à sa propre médiocrité.


Les gens représente une entité abstraite, anonyme et indéterminée aux contours flous et mal définis, plus ou moins mouvante, formée de personnes pas nécessairement regroupées, et dont personne ne fait jamais vraiment partie.

Les gens symbolise le refuge incongru du décalage spatio-temporel partagé par les personnes en recherche de reconnaissance, particularisation, valorisation, voire nombrilisme.

Les gens évoque fortement un rejet spéciste de l’Humain.

L’origine des gens

L’existence des gens n’est pas miraculeusement apparue à la surface de la planète d’un coup de baguette magique. Il aura fallu attendre qu’au moins quatre personnes en accord plus ou moins tacite entre elles pour être identifiées comme telles, ne se décident un jour à créer les gens.
Quatre personnes est en effet le nombre minimum qu’il faut pour créer les gens, car les gens représente un groupe tiers v̶i̶l̶i̶p̶e̶n̶d̶é̶ évoqué d’une personne à une autre, et dont aucune ne fait (logiquement) partie. Une personne qui parle à une autre personne cela fait deux personnes, d’un groupe tiers, le plus petit groupe possible étant constitué de deux personnes, 2+2=4, CQFD.

Il est cependant à noter que cette simplissime et basique définition n’a peut-être pas marqué la création des gens en tant que telle, sans doute apparue plus tard, à partir d’un nombre plus important de personnes, cinq voire plus, puisque l’entité des gens est toujours plus manifeste avec le nombre croissant de personnes.

Il est donc difficile de dater précisément l’origine des gens, et cela le restera tant que l’on n’aura pas passé les gens au carbone 14.

L’évolution des gens

Selon dires et écrits, l’histoire des gens est longue et compliquée, ponctuée de guerres, barbaries, frontières et nations, aventuriers découvreurs, colonisateurs, religions, croyances et leurs idoles intouchables quelquefois matérialisées par des objets de plâtre, projets de société et de vivre-ensemble tous plus beaux les uns que les autres mais qui finissent tous un jour par avorter, etc.

Il est à remarquer qu’au cours de l’évolution des gens, plus ou moins rapide selon le point de vue où l’on se place, des découvertes d’autres peuplades sur la planète ont ponctuées l’histoire des gens. Mais comme il a très vite été constaté qu’il était difficile de qualifier les habitants de ces peuplades de gens, elles furent colonisées le plus vite possible et reçurent le modernisme afin de pallier à cette carence et de pouvoir enfin être intégrées aux gens de façon normale.
Il a également été découvert ou redécouvert d’anciennes civilisations passées et dont les individus ne peuvent pas non plus être réellement qualifiés de gens.
En outre, les habitants des contrées lointaines sont préférentiellement nommés à l’aide de qualificatifs inhérents à leurs spécificités locales (emplumés, gris, citrons...) plutôt que du terme générique des gens.

Trouvant ainsi en cela limites, force est de constater que les gens désigne très majoritairement de la groupusculité fortement affirmée de différences mineures sinon de frontières étatiques, non moins fortement teintées de facto d’exclusion, en de sournoises connotations identitaires voire nationalistes.
Le nazillon est embusqué derrière et jusque dans les gens (le scélérat !) et s’il n’est possible de voir cela alors il devient nécessaire de troquer ses lunettes correctives contre un chien et une montre en braille.

La vie courante contemporaine des gens

Les gens persiste à survivre envers et contre tout, malgré l’opprobre générale dûe au fait que, c’est bien connu, tout est de la faute de les gens.

Et malgré :

  • les guerres, les famines, les dictatures, les arrestations arbitraires et les tortures, les exécutions sommaires, les razzias, les viols, les destructions d’habitats, structures, lieux de vie et les vies qu’ils hébergent et protègent ;
  • Macron, les Américains, les hackers chinois, les martiens, les mythes, les termites et les sauterelles ;
  • la météo, les astéroïdes géocroiseurs, le réchauffement climatique ;
  • les fermes aux mille vaches, les vaches aux mille fermes, les élevages en batteries, les batteries au lithium ;

Et malgré :

  • une industrie chimique complètement galopante ;
  • une industrie politique totalement délirante ;
  • une industrie nucléaire proprement hallucinante ;
  • une industrie tout court vertement polluante ;
  • des idées de corrélations sociales mortes-nées ;
  • des idées de discussions corollaires avortées ;

Les gens voudrait, cherche à penser et à construire dans un sens social et commun, mais d’autre gens bien pensant avec d’autres idées brouille ces réflexions dans l’œuf.
Les gens voudrait, cherche à exprimer librement, mais d’autre gens bien pensant impose le silence en exprimant en même temps, lieu, et place, un discours soporifique éculé, avarié et nauséabond avec sa date de péremption outrepassée.
Lors, dupé, les gens arrête de penser et d’exprimer et retourne, coi, à l’ennui et la tristitude.

Parfois les gens quitte la place attribuée devant la télévision une fois la journée terminée pour s’en aller payer le droit de peupler un lieu de diffusion où se poursuit l’enfichage des idées dans les crânes.

L’été est une saison très attendue par les gens dont la vie ne tourne pratiquement qu’autour de cela.

Migrant alors massivement, les gens s’agglutine en un lieu habituellement plus habitué à recevoir les migrants par la mer, une plage en bordure d’un continent, se oindre de crème solaire et manger des glaces et des frites. Il est à noter que le sens initial recherché par les gens dans cette démarche est souvent manqué pour cause de grillage abusif de harengs et de saucisses plastifiées dans le voisinage imbibé de ricard, free-parties techno boum-boum improvisées dans un endroit tiré au sort chaque soir dans le quartier, ronflements nocturnes caractéristiques d’un sommeil unilatéral profond dans l’environnement immédiat, troupeaux de gniards brailleurs matinaux dont la chasse est proscrite en tant qu’espèce protégée, odeur de vieilles chaussettes drainée par le Mistral, mais surtout : siphonnage intempestif et exagéré du porte-monnaie par les brigands de grand chemin cachés derrière leurs enseignes et les caprices ; tout ceci contribuant alors à atteindre sans effort l’effet inverse de celui recherché.
Aux rituels traditionnels des gens au cours de la migration il faut signaler l’abandon de l’animal de compagnie reçu pour Noël qui, s’il ne finit pas écrasé, ira logiquement dans un laboratoire tester les effets des crèmes à base d’huiles de vidanges des voitures des gens avant l’ultime test grandeur nature sur les gens.

Les gens n’aime pas la complication, n’a rien à cacher malgré les rideaux aux fenêtres et le verrou sur la porte d’entrée comme sur celle des toilettes, préfère cultiver le Big Brother de 1984 que la réflexion raisonnable et adopter une hygiène de vie privée et du respect responsable.

Les gens nécessite des chefs, des ordres, un fonctionnement vertical, le moins de responsabilités possibles, du travail prémâché, afin de ne pas errer sans but dans un monde dénué de sens. Tout ce qui est fonctionnement égalitaire de type horizontal ou associatif a tendance à décontenancer les gens qui n’aime pas vraiment cela et ignore même souvent que cela est possible.

les gens aime à croire au Père Noël, malheureusement ce n’est pas réciproque.

Les gens aime l’automobile, mais pas celle des autres qui constitue une nuisance. Les gens se déplace aussi à vélo parfois électrique, en trottinette parfois électrique, en transports en commun souvent électriques lorsque ce n’est pas en avion. Les gens parcourt généralement beaucoup de kilomètres pour aller travailler mais souhaiterait pouvoir en parcourir plus encore et à plus grande vitesse.

De tout cela résulte que la vie des gens au XXIe siècle est jalonnée de tâches routinières, débarrassée de toute réflexion comme d’expression.

Utilité pratique courante des gens

Les gens représente presque avant toute chose, un cœur de cibles marketing et politique. Nombre de charlatans courtisent donc les gens de leurs idées faciles et populistes jusqu’à en saturer l’espace afin d’éclipser les alternatives qui pourraient aider les gens à forger une idée plus neutre, et les faire succomber massivement par défaut.

Gens célèbres

Gens de la Fontaine, Gens Carmet, Gens-Paul Gauthier, Gens Naymar, L̶o̶u̶i̶s̶o̶n̶ ̶B̶o̶b̶e̶t̶ pour ne citer qu’eux.

L’avenir des gens

Comme chaque chose à la surface de cette planète l’avenir des gens est devant. Toutefois, lorsque les gens exécute un demi-tour, il est alors derrière.

Les gens s’évertue à vouloir un avenir de destins, pourtant liés et croisés, séparés entre eux en une multitude d’existences individuelles cloisonnées et fermées. Oui, les gens se tire une balle dans le pied.

Les gens risque de se retrouver fort dépourvu et complètement désabusé à l’agonie dans le nucléaire abandonné, fuyant parfois bruyamment mais le plus souvent silencieusement, lorsque les éminents ingénieurs auront pris demeure en Nouvelle-Zélande avec les geeks de haut vol.

Un beau jour qu’il ne sera pas encore complètement nuit, il nous sera ré-expliqué, à grands coups de battes de base-ball s’il le faut, par des sous-gens subjugué d’avoir été réveillé d’un grand coup de semonce en travers de l’oreiller, ce que nous savions déjà depuis longtemps et n’avions de cesse de clamer haut et fort tout en proposant des solutions. Oui, du parachutage depuis le fin fond de cour d’opportunistes à la remorque, déterminés à tout doubler afin d’en prendre le contrôle, parfaitement ! Du green-washing, exactement, vous avez encore raison (vous êtes vraiment très fort-e-s !) !

Qu’importe à la fin, la planète reste versatile, sans doute tout cela se déroule-t-il comme il le devrait ?

Conclusion

Les gens, cette masse molle, informe, sans avenir, flottante uniformément à l’envers et contre tout, incapable de la moindre réaction, attend patiemment que la bise fut venue.

Ventripotent et bouffi d’un cholestérol que même les salles de sport ne savent soigner et alors qu’il ne suffirait que de faire montre de bravoure au quotidien, les gens donne de graaandes leçons de vie alors qu’il n’est finalement personne.


Voir en ligne : Plus sur les gens

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