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Mon dealer est d’extrême-droite

Et mon curé chez les cramés

lundi 19 novembre 2018, par jules

La poudre à récurer a été inventée au siècle dernier par un aimable citoyen colombien qui assistait chaque jour impuissant au dévalage hurlant de la route pentue devant chez lui par le curé du village qui finissait régulièrement sa course scratché contre le mur de l’église parce qu’il n’avait pas de freins sur sa bicyclette. Serviable, ce citoyen bricola à l’aide de feuilles de coca macérées dans du kérosène un jus qu’il mélangea à de la chaux avant d’y ajouter de l’acide, de l’éther, de l’acétone, du permanganate de potassium, de l’ammoniaque... - 41 produits en tout - filtra le tout pour récupérer les cristaux qui lui donnèrent une poudre blanche qu’il mît à sécher devant chez lui. Ce jour là le curé en roue libre s’arrêta net ! Ce brave citoyen venait d’inventer la poudre Arrêt-curé.

Le Canard à le nez creux

Notre citoyen se dit alors que son invention pouvait être utile à l’humanité toute entière. Il se mit en en recherche d’un réseau commercial. Un gentil Monsieur propre sur lui avec des connaissances en filières de passeurs se présenta. Il prit le marché tout en laissant au citoyen de quoi payer les enfants qui piétinaient les feuilles dans le Kérosène. Il faut dire que la demande en poudre à récurer dans les pays industrialisés était, et est toujours d’ailleurs, en pleine expansion.

Le curé, lui, eût moins de bosses, mais en conserva étrangement le nez qui coule sous le soleil de la Colombie.

Cif roule les patins

Mais cette arrogante réussite commerciale aiguisa les appétits. Presque au même moment, à l’autre bout de la planète, un Birman a lui aussi un curé à arrêter. Celui-ci a, en effet, un peu trop tendance a débouler de façon impromptue sur ses ébats chaque fois qu’il s’apprête à trousser la jeune et jolie citoyenne, et se fait alors immédiatement une joie de trainer notre citoyen à confesse. S’il disposait d’une poudre capable d’arrêter ce curé un peu trop envahissant autant que voyeur, il serait tout de même plus tranquille pour conter fleurette à la belle engeance.
Sitôt dit sitôt fait, il passe à la réalisation de sa propre poudre à récurer. Il incise des capsules de pavots somnifères, en récolte le jus, le lave à l’eau chaude et le filtre. Il obtient un chandou qui pourrait déjà fonctionner ainsi en tant qu’arrêteur de curé, mais il décide plutôt d’en renforcer le fonctionnement par extraction des principes actifs en le passant plusieurs fois à l’acide chlorhydrique afin d’obtenir une poudre blanche qu’il prend soin d’abandonner ça et là derrière lui. Et voici à présent notre Birman plus serein lorsqu’il partage ses bonheurs dans la joie et l’allégresse.
Il se sait d’autant plus tranquille qu’il sait pouvoir encore renforcer l’efficacité de cette poudre avec de l’anhydride acétique et une petite quantité d’acide sulfurique, de chauffer le tout plusieurs heures jusqu’à ce que tout soit dissout, puis de filtrer, et de mélanger la poudre obtenue avec de l’acide chlorhydrique. Qui sait, peut-être qu’un jour un curé plus récalcitrant que les autres pourrait tenter de revenir pourrir ses ébats ?

Pour la commercialisation il s’adresse là encore à un monsieur avec un beau costume avec un chapeau et des réseaux pour desservir là aussi une forte demande qui lui laissera quelques menus subsides pour produire.

La Croix et la bannière

Bien avant cela était un larron déjà en prise avec un curé barbu et chevelu tombé du ciel, sans doute poussé par un père probablement excédé par l’acné juvénile sur le nez de son rejeton. Il n’était pas bien riche ce larron, il était donc obligé de faire dans le Bio. Aussi, entraîné par son bon cœur, fît-il pousser entre les oliviers du fameux mont, du chanvre de la variété indienne dont il composta les plants femelles afin de fabriquer des blocs susceptibles de fournir une poudre lorsque émiettés par frottements avec de la chaleur, et d’arrêter ce curé-ci en plein vol avant qu’il ne donne l’alerte en se crashant bruyamment sur le sol.

L’efficacité limitée de son compost bio alliée au fait qu’il n’était pas addictif n’intéressa aucun grand Monsieur en costume ! La commercialisation s’effectua alors à un niveau plus confidentiel entre passages à l’aide de moyens de moindre fortune (automobiles, voiliers, bagages embarqués...) et diffusions directes dans les quartiers.

Au rayon bio toujours, d’autres poudres à récurer les méninges seront fabriquées avec d’autres plantes, ou de champignons, afin de tenter d’arrêter ou d’au moins freiner de la pacotille de curaillonnerie locale avec parfois des effets surprenants !

Saint Marc à 45° d’avance à l’allumage

Pourtant, toutes les belles histoires comportent leurs exceptions, et les apprentis sorciers devraient savoir que la fabrication de poudre à récurer est une activité dangereuse à ne pas laisser entre toutes les mains, surtout celles d’enfants, car elle est aussi susceptible de provoquer l’exact effet inverse à savoir : impulser les curés !

À quelques contrées de là, trois jeunes enfants berger-e-s se disent qu’ils en ont assez d’être perpétuellement dérangés par la mère supérieure qui dévale les routes du pays, cheveux au vent en chantant à tue-tête le joli mois de mai et le printemps et qui refleurit au guidon de sa pétrolette kitée et pot de détente et qui effarouche leurs chèvres tant et si bien qu’ils sont obligés d’y courir après alors qu’ils pourraient gentiment se raconter des petites histoires allongés dans le foin ! Ils décident donc ensemble de fabriquer une poudre arrêt-curé. Mais comment faire lorsque l’on n’y connait rien ? Le seul endroit où ils sachent de la poudre blanche est au moulin tout là-haut-là-haut en haut de la colline. Ils décident de s’y rendre.
Seulement voilà, le joli mois de mai ce n’est pas mais alors pas du tout la saison des moissons. Et la seule chose qu’ils trouvent sur place est un vieux lot de céréales si contaminé par l’ergot de seigle qu’il a passé l’hiver ici sans intéresser personne. Désespérés, ils décident tout de même de partir de cette base pour réaliser une poudre, tenter coûte que coûte d’arrêter cette nonne en plein délire.
Ils la répandent alors, la nonne arrive. Dans un premier temps, elle est bien arrêtée. Youpie, mission accomplie, les enfants sont contents.
C’est alors que se produit un effet inattendu : la nonne se met à enfler, enfler, enfler... jusqu’à en remplir complètement le ciel jusqu’au Vatican qui, reconnaissant la pétrolette, décide de valider l’apparition, ouvrant ainsi tout droit voie à pèlerinage vers la tranquille bourgade portugaise.*

Ce que les enfants apprendront à leurs dépens cette fois, c’est qu’il ne faut pas s’amuser à traficoter des trucs et des machins à la gomme quand on n’y connait rien. D’ailleurs est clairement porté un avertissement sur les emballages :

Si l’idée de base n’était pas dénuée de sens, ce que les enfants berger-e-s ignoraient c’est que l’ergot de seigle doit être synthétisé avant de produire non pas une poudre mais un liquide dont on imprègne des supports comme des buvards.

Bang !

La synthétisation provoquera l’explosion du nombre de petits laboratoires autant artisanaux qu’autonomes pour faire face à l’importante demande d’une population en plein désarroi déterminée à freiner coûte que coûte la rapide reproduction des curés en milieu ouvert. Les poudres fabriquées à ces occasions sont mises en gélules, agglomérées en comprimés, ou simplement emballées en vrac afin d’être prisées telles quelles.
Cette multiplication des laboratoires aura comme conséquence la multiplication des procédés comme des produits, à tel point qu’aujourd’hui encore, même l’organisme supervisant les très fameuses BLA - les Brigades de Lutte contre l’Anticléricalisme - est encore loin de tous les avoir inventoriés, ignorant encore même l’existence de pas mal d’entre eux !

Toutefois, les très fameuses autorités de lutte contre l’anticléricalisme seraient bien inspirées de regarder du côté des gros laboratoires - les illégaux et esclavagistes - des deux premiers paragraphes d’abord, des légaux qui traficotent la méthamphétamine ou l’éphédrine destinées à développer le meilleur produit à insérer dans le sportif ou à faire ingurgiter au militaire ensuite, plutôt que de perdre leur temps en peccadilles anodines locales, au nom du principe d’égalité des citoyens devant la loi et au droit de tout un chacun de pouvoir vaquer à ses occupations de proximité tant qu’ils n’emmerdent personne.
En clair, les très fameuses autorités de lutte contre l’anticléricalisme sont ici accusées, sinon d’incompétence, au moins du branlage de mouches !

Le tour d’horizon des poudres arrêt-curés ne serait pas complet si l’on omettait les somnifères pour chevaux et autres produits de la pharmacopée détournés de leurs usages primaires ainsi que les substituts aux poudres arrêt-curés dites "dures" et qui n’en sont pas moins.

Bref

Dire que ce sont encore et toujours les mêmes qui s’empiffrent serait juste un peu facile et surtout un peu court.

Le Docsanscible va préférer parler du consommateur final, celui qui, par les prix exorbitants qui sont pratiqués à la vente, et alors que souvent il est convaincu de la justesse de la cause sociale, finance les mafias et autres cartels, la loi du flingue, les pressions, les assassinats, la corruption, la gabegie financière et autres méthodes qu’il dénonce par ailleurs : l’esclavagisme des femmes et des enfants astreints aux pompeuses tâches complètement sous-payées, sous-nourries, ou même directement dans les laboratoires à de dangereuses tâches quand elles ne sont pas purement et simplement nocives, les résidus de fabrications - il faut 500 kilos de feuilles de coca macérées dans du pétrole pour obtenir un kilo de poudre à récurer - jetés dans la nature, les acides et autres véroles chimiques...
Bref : les méthodes de l’extrême droite !

C’est déjà pas mal ? Mais ce n’est pas tout.

Gérard M’Ajax et la piste aux étoiles

Car tout ça pour quoi au final ? Pour le droit de se déchirer le cerveau ? La belle affaire !
Pour le droit de ne plus regarder la vérité en face, oui !
Pour le droit d’imposer le silence.
Pour le droit de répandre les idées des dealers dans le silence !
Pour le droit d’user de violence lorsque le silence n’est pas de mise !
Pour le droit de tromper et de mentir.

Pour le droit se liquéfier en "liberté" le cerveau, et le reste avec.
Pour le droit de terminer "librement" à l’état d’épave.

Ça aussi ça fait court...

Mon dealer au service de l’extrême-droite cautionne ceci, c’est sans moi !


Cette romance à but humoristique accessoirement informative ne fait, mais vous l’aurez très bien compris, en aucun cas la promotion d’une ou de l’autre des quelconques drogues qui décervellent mes potelles et mes potos, les rendent méchant-e-s voire agressif-ve-s, en tous cas con-ne-s au possible, commencent par prendre leurs chicots puis les neurones avant de les embarquer définitivement, nourrissent l’école du crime, foutent les vies en l’air les unes après les autres.

Faites gaffe avec ces merdes, en tout cas touchez pas à la Dre !

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