baniere docsanscible.fr

Accueil > Sociétale > Politique > Le p’tit Colibri

Le p’tit Colibri

De Pierre Rabhi - ou pas

mardi 10 mai 2016, par jules

Vous connaissez l’histoire du p’tit colibri ?

C’est un jour c’est le p’tit colibri y’a le feu à la forêt. Comme il aime bien la forêt le p’tit Colibri, et la nature, et qu’en même temps il s’agit aussi un peu de son cadre de vie, il se dit qu’il faut faire quelque chose.
De suite, il pense "eau" alors il vole à la rivière.
Arrivé là il y a bien de l’eau, comme prévu, pas mal même, assez pour contrer des flammes, mais comme il est parti les mains vides, là tout de suite, il est sans solution pour l’acheminer jusqu’au feu. Or, il lui faudrait un moyen, et il n’a pas pris le temps d’y réfléchir avant.
Du regard il cherche il ne sait trop quoi, une bassine, une gamelle, une vieille boite, un sac plastique... n’importe quoi qui puisse contenir de l’eau. Mais les bords de la rivière sont désespérément propres, et personne n’est présent. Personne qui puisse lui fournir un quelconque objet utile à son entreprise, ou même une piste, ou même encore une simple idée. Sans doute après avoir fait leur travail vigilance-propreté sont-ils partis se reposer et s’adonner aux rêves d’un monde meilleur pendant que la forêt brûle. Démuni, et de rage face à l’urgence, le p’tit colibri plonge alors son tout petit bec dans l’onde pure, en happe tout ce qu’il peut, et remonte à toute vitesse au feu l’y jeter dessus en se disant que ce sera toujours ça de pris.
Évidemment, comme il ne s’agit que de quelques gouttes l’effet n’est pas manifeste, mais il sait bien le petit colibri que c’est avec de l’eau que l’on éteint le feu , et que s’il en veut plus, en l’état actuel et à défaut d’autre chose, il lui faut faire des voyages !
Alors il s’exécute : il fonce à la rivière reprendre tout ce qu’il peut d’eau dans son p’tit bec et remonte aussi vite que possible la cracher sur le feu. Et il recommence, encore et encore : il redescend prendre le maximum d’eau, il remonte, la crache sur le feu, redescend, reprend de l’eau, remonte, crache, redescend, remonte, redescend... Ainsi s’active-t-il à tire-d’aile, seul face au brasier, en un incessant ballet d’aller-retours à la vitesse d’un micro-missile au ras des moustaches des autres animaux qui l’observent les yeux comme des gobies et le menton par terre, médusés, sans leur décocher le moindre mot ni leur porter le moindre regard.
Tout de même, au bout d’un moment, ceux-ci finissent-ils par l’interpeller : "Mais p’tit Colibri, tu transportes trop peu d’eau dans ton tout p’tit bec ! Ce que tu fais est certes empreint de bonne volonté et de bravoure, mais avec de si petites quantités il t’est impossible d’espérer pouvoir lutter contre l’incendie ! Aussi vénérable et respectable que soit ton action elle reste dérisoire ! Pourquoi persistes-tu à vouloir t’arracher de la sorte ?". Et le p’tit colibri de leur répondre "Oui, mais moi au moins je fais ma part ! (Wllaaf dans la tronche !)". Les animaux sont blasés. Sous les applaudissements quelque peu mesquins des bisounours non moins oisifs eux aussi résidents de la forêt et pendant qu’elle brûle.

Il est bien évidemment difficile de critiquer le p’tit Colibri qui s’attaque seul au brasier au péril de sa vie avec ses petits moyens ; pourtant il a tort de s’ériger en donneur de leçon le p’tit colibri, et de se la péter. Parce qu’il ne faisait pas sa part, non.
Non, sa part aurait plutôt été d’aller trouver les autres animaux AVANT, et de les avoir activés en mode : "PURÉE MAIS VOUS ALLEZ VOUS BOUGER, VOYEZ PAS QUIL Y A LE FEU ???"

Bien entendu cette histoire se veut morale :

  • Il est indispensable de faire le tri dans ce qu’il est raconté, certains charlatans n’hésitant en effet absolument pas à balancer plus ou moins volontairement de grosses conneries dans des buts douteux : la forêt est tout de même plus importante que de faire son taf en mode strict minimum !
  • Il est souhaitable d’agir avec sa tête avant d’agir avec ses p’tits bras au risque de s’en arracher un gratuitement voire la tête avec.
  • En collectivité - c’est-à-dire partout ! - faire sa part c’est faire plus que sa part ; c’est aussi s’impliquer.

Mais également :
Nous réclamons une prise de position claire et sans ambiguïté de Pierre Rabhi vis-à-vis d’Etienne Chouard et de la conspi auquel il semble lié et dont le positionnement rapport à des personnalités comme Alain Soral ou Dieudonné ou même les mouvements d’extrême droite est plus que confus. Ou pas !

Nous signalons en outre à Pierre Rabhi que pas mal d’autres animaux sont déjà à la lutte contre l’incendie et que, quelles que soit leurs tailles, et plutôt que de se réfugier derrière ce qu’ils auto-estiment n’être que leur part pour glander, une armée de Colibris ne serait sans doute pas de trop !

Moralité de l’histoire : les colibris sont des gouroufiés lobotomisés qui font croire au reste de la planète et à eux-mêmes qu’ils bossent alors qu’ils sont en réalité des boulets à l’ombre des nazillons !

Et les coms sont ouverts.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.